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Les affres du Brexit

Une fois n’est pas coutume, voici un article ne traitant pas des comptes publics français mais plutôt de l’évolution de l’économie britannique à la suite de la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne.

À l’occasion du référendum du 23 juin 2016 sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, de nombreuses prédictions ont été réalisées par divers organismes britanniques ou internationaux afin de persuader les électeurs des conséquences positives ou négatives de la sortie de l’Union européenne.

Je vous propose donc de prendre note dès à présent de certaines de ces prédictions afin que le temps puisse nous éclairer sur la qualité et les éventuels biais de ces prévisions.

Fond monétaire international :

En cas de Brexit, le FMI dresse, dans un rapport séparé intitulé «Implications macro-économiques du Royaume-Uni quittant l’UE», deux scénarios de conséquences: un «scénario limité» et un autre dit «défavorable» au cas où les négociations de sortie avec Bruxelles «ne se déroulent pas bien».

Dans le premier cas, la croissance du PIB de l’économie britannique ralentirait à 1,7 % en cette année, puis 1,4 % en 2017 au lieu de 1,9 % et 2,2 % actuellement prévus.

Dans le scénario «adverse», l’économie du Royaume-Uni tomberait en récession en 2017 à -0,8 % avant de se redresser à +0,6 % en 2018, affirment les experts du FMI.

Le taux de chômage actuellement prévu à 5 % cette année comme en 2017, remonterait à 5,3 % en 2017 en cas de conséquences limitées. En cas de scénario défavorable, il culminerait à 6 % en 2017 et 6,5 % en 2018. L’inflation grimperait, toujours en cas de scénario adverse, à 4 % en 2017 au lieu de 1,9 % prévu (le 17 juin 2016, source : lapresse.ca).

Trésor britannique :

Selon une étude présentée par le Trésor britannique, quitter l’Union européenne provoquerait un « choc immédiat et violent » à la Grande-Bretagne et affecterait sa croissance économique. Quitter l’Union européenne provoquerait « des années de récession » en Grande-Bretagne, a mis en garde lundi le ministre britannique des Finances George Osborne. L’analyse prévoit deux scénarios si les électeurs choisissaient le Brexit: un « scénario choc » qui verrait le produit national brut perdre 3,6% par rapport à sa prévision à deux ans, et un « scénario de choc violent » où la perte serait de 6%1les prévisions pour 2016 et 2017 du gouvernement britannique sont respectivement de 2% et de 2,1% (source : lefigaro.fr).

OCDE :

L’OCDE estime donc qu’à l’échéance 2020, un « Brexit » réduirait de 3,3 % le PIB par rapport à son niveau en cas de maintien dans l’Union du Royaume-Uni 2les prévisions du PIB britannique de l’OCDE  sont 1,7% en 2016 et 2,0% en 2017 (source : senat.fr).

M. Obama, Président des États Unis d’Amérique

Si le Royaume-Uni quitte l’UE, il sera en «queue de peloton» en matière de relations commerciales avec les États-Unis (le 23 avril 2016, source : liberation.fr).

Quant à négocier un accord commercial avec les Etats-Unis, « cela pourrait prendre cinq ans, dix ans avant que nous puissions faire quelque chose », a-t-il ajouté (le 23 avril 2016, source : challenge.fr).

M. Stoltenberg, Secrétaire général de l’Otan

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait causer de l’instabilité (le 7 juin 2016, source : euobserver.com).

M. Donald Tusk, président du Conseil européen :

« La campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni véhicule un message très clair: Sortons, rien ne changera, tout sera comme avant. Et bien, ce ne sera pas le cas. Il y aura pour le Royaume-Uni des conséquences négatives non seulement sur le plan économique, mais aussi, et avant tout, sur le plan géopolitique. Savez-vous pourquoi ces conséquence sont si dangereuses? Parce qu’elles sont totalement imprévisibles à long terme. En tant qu’historien, je crains que cela ne constitue en fait le début du processus de destruction non seulement de l’UE, mais aussi de la civilisation politique occidentale (sic) » (le 13 juin 2016, source : bild.de).

M. Emmanuel Macron, ministre français de l’économie :

« Le jour où cette relation sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais et le passeport financier fonctionnera moins bien» (le 3 mars 2016, source: ft.com).

 

Affaire à suivre …

Notes   [ + ]

1. les prévisions pour 2016 et 2017 du gouvernement britannique sont respectivement de 2% et de 2,1%
2. les prévisions du PIB britannique de l’OCDE  sont 1,7% en 2016 et 2,0% en 2017