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Contribution de la France au budget de l’Union européenne

Chaque année, la France verse plusieurs milliards d’euros à l’Union européenne en tant que membre de cette organisation. En contrepartie l’Union européenne réalise de nombreuses dépenses en France, principalement au titre de la politique agricole commune (PAC). Cet article détaille les contributions nettes des différents pays, et particulièrement de la France, au budget de l’Union européenne.

La France est un contributeur net du budget de l’Union européenne

L’analyse du budget de l’Union européenne (UE) indique que la France est un pays contributeur net du budget de l’UE : cela signifie que la France verse davantage d’argent à l’Union européenne qu’elle n’en récupère à travers les dépenses de celle-ci.

En 2015, tandis que la France a contribué au budget de l’Union européenne à hauteur de 22,5 milliards d’euros, elle a bénéficié d’environ 14,5 milliards d’euros de dépenses de l’Union européenne. Ainsi, en 2015, la France a versé 8 milliards d’euros aux autres pays de l’Union européenne.

Le graphique ci-dessous illustre le coût budgétaire de l’Union européenne depuis 1992.

Contribution nette, versements de la France et retours de l'UE vers la France depuis 1992

Contribution nette, versements de la France et retours de l’UE vers la France depuis 1992

Ce graphique montre que depuis vingt-cinq ans, la France a systématiquement contribué positivement au budget de l’Union européenne. Par ailleurs, depuis le début des années 2000 et l’élargissement de l’Union européenne à 25, on observe que les versements de la France à l’Union européenne n’ont cessé d’augmenter tandis que les retours de l’UE en France sont restés globalement stables. De ce fait, le solde net de la contribution française a largement augmenté pour atteindre environ 8 milliards d’euros depuis 2009.

Ainsi, en tenant compte de l’inflation, il apparaît qu’au cours des 25 dernières années, les transferts nets de la France à l’Union européenne représentent environ 100 milliards d’euros.

La répartition du budget de l’Union européenne à travers les différents pays

Contribution nette des différents pays au budget de l’Union européenne

N.B.:  les résultats présentés dans ce paragraphe représentent le solde comptable de la contribution de chaque pays au budget de l’Union européenne (solde comptable = ressources transférées à l’Union européenne – dépenses de l’UE réalisée dans le pays).

La carte ci-dessous illustre la répartition du budget de l’Union européenne parmi les différents pays membres de cette organisation.

Solde de la contribution annuelle de chaque pays au budget de l'Union européenne

Solde de la contribution annuelle de chaque pays au budget de l’Union européenne

Cette carte montre que seuls huit pays contribuent  au budget de l’Union européenne (en rouge sur la carte), parmi lesquels les principaux contributeurs sont l’Allemagne (19 milliards d’euros en 2015), le Royaume-Uni (9 milliards d’euros en 2015), la France (8 milliards d’euros en 2015), les Pays-Bas (5 milliards d’euros), l’Italie (4 milliards d’euros) et la Suède (3 milliards d’euros). La France est donc le troisième contributeur net du budget de l’Union européenne

A contrario, vingt pays bénéficient plus ou moins largement du budget de l’Union européenne, (en bleu sur la carte) principalement au titre de la « cohésion économique ». La Pologne reçoit annuellement près de 9 milliards d’euros, la Roumanie et la République tchèque perçoivent plus de 5 milliards d’euros, la Grèce et la Hongrie bénéficient d’environ 4 milliards d’euros, l’Espagne et la Bulgarie reçoivent plus de 2 milliards d’euros.

Contribution nette des différents pays au budget de l’Union européenne

La carte ci-dessous illustre la contribution par habitant au budget de l’Union européenne parmi les différents pays membres de cette organisation.

Contribution nette au budget de l'Union européenne par pays et par habitant

Contribution nette au budget de l’Union européenne par pays et par habitant

Sur cette carte, on retrouve les huit pays contributeurs nets au budget de l’Union européenne en rouge. Il apparaît néanmoins que lorsque l’on considère la contribution par habitant, les Pays-Bas et la Suède contribuent le plus au budget de l’Union européenne (plus de 300 euros par an et par habitant). Viennent ensuite l’Allemagne et le Danemark dont les habitants contribuent à hauteur de 250 euros par an au budget de l’UE. Enfin, les habitants de la France, l’Autriche, la Finlande et du Royaume-Uni contribuent au budget de l’UE pour environ 150 euros par an.

On retrouve en bleu sur cette carte les vingt pays bénéficiaires du budget de l’UE. Les pays d’Europe de l’Est perçoivent de 200 à 500 euros par habitant et par an.

Néanmoins, le pays qui bénéficie le plus du budget de l’Union européenne, par habitant, est le Luxembourg qui perçoit, avec la Belgique, une grande partie des dépenses administratives de l’UE.

Les affres du Brexit

Une fois n’est pas coutume, voici un article ne traitant pas des comptes publics français mais plutôt de l’évolution de l’économie britannique à la suite de la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne.

À l’occasion du référendum du 23 juin 2016 sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, de nombreuses prédictions ont été réalisées par divers organismes britanniques ou internationaux afin de persuader les électeurs des conséquences positives ou négatives de la sortie de l’Union européenne.

Je vous propose donc de prendre note dès à présent de certaines de ces prédictions afin que le temps puisse nous éclairer sur la qualité et les éventuels biais de ces prévisions.

Fond monétaire international :

En cas de Brexit, le FMI dresse, dans un rapport séparé intitulé «Implications macro-économiques du Royaume-Uni quittant l’UE», deux scénarios de conséquences: un «scénario limité» et un autre dit «défavorable» au cas où les négociations de sortie avec Bruxelles «ne se déroulent pas bien».

Dans le premier cas, la croissance du PIB de l’économie britannique ralentirait à 1,7 % en cette année, puis 1,4 % en 2017 au lieu de 1,9 % et 2,2 % actuellement prévus.

Dans le scénario «adverse», l’économie du Royaume-Uni tomberait en récession en 2017 à -0,8 % avant de se redresser à +0,6 % en 2018, affirment les experts du FMI.

Le taux de chômage actuellement prévu à 5 % cette année comme en 2017, remonterait à 5,3 % en 2017 en cas de conséquences limitées. En cas de scénario défavorable, il culminerait à 6 % en 2017 et 6,5 % en 2018. L’inflation grimperait, toujours en cas de scénario adverse, à 4 % en 2017 au lieu de 1,9 % prévu (le 17 juin 2016, source : lapresse.ca).

Trésor britannique :

Selon une étude présentée par le Trésor britannique, quitter l’Union européenne provoquerait un « choc immédiat et violent » à la Grande-Bretagne et affecterait sa croissance économique. Quitter l’Union européenne provoquerait « des années de récession » en Grande-Bretagne, a mis en garde lundi le ministre britannique des Finances George Osborne. L’analyse prévoit deux scénarios si les électeurs choisissaient le Brexit: un « scénario choc » qui verrait le produit national brut perdre 3,6% par rapport à sa prévision à deux ans, et un « scénario de choc violent » où la perte serait de 6%1les prévisions pour 2016 et 2017 du gouvernement britannique sont respectivement de 2% et de 2,1% (source : lefigaro.fr).

OCDE :

L’OCDE estime donc qu’à l’échéance 2020, un « Brexit » réduirait de 3,3 % le PIB par rapport à son niveau en cas de maintien dans l’Union du Royaume-Uni 2les prévisions du PIB britannique de l’OCDE  sont 1,7% en 2016 et 2,0% en 2017 (source : senat.fr).

M. Obama, Président des États Unis d’Amérique

Si le Royaume-Uni quitte l’UE, il sera en «queue de peloton» en matière de relations commerciales avec les États-Unis (le 23 avril 2016, source : liberation.fr).

Quant à négocier un accord commercial avec les Etats-Unis, « cela pourrait prendre cinq ans, dix ans avant que nous puissions faire quelque chose », a-t-il ajouté (le 23 avril 2016, source : challenge.fr).

M. Stoltenberg, Secrétaire général de l’Otan

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait causer de l’instabilité (le 7 juin 2016, source : euobserver.com).

M. Donald Tusk, président du Conseil européen :

« La campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni véhicule un message très clair: Sortons, rien ne changera, tout sera comme avant. Et bien, ce ne sera pas le cas. Il y aura pour le Royaume-Uni des conséquences négatives non seulement sur le plan économique, mais aussi, et avant tout, sur le plan géopolitique. Savez-vous pourquoi ces conséquence sont si dangereuses? Parce qu’elles sont totalement imprévisibles à long terme. En tant qu’historien, je crains que cela ne constitue en fait le début du processus de destruction non seulement de l’UE, mais aussi de la civilisation politique occidentale (sic) » (le 13 juin 2016, source : bild.de).

M. Emmanuel Macron, ministre français de l’économie :

« Le jour où cette relation sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais et le passeport financier fonctionnera moins bien» (le 3 mars 2016, source: ft.com).

 

Affaire à suivre …

Notes   [ + ]

1. les prévisions pour 2016 et 2017 du gouvernement britannique sont respectivement de 2% et de 2,1%
2. les prévisions du PIB britannique de l’OCDE  sont 1,7% en 2016 et 2,0% en 2017