Baisser « les impôts », supprimer telle taxe, en créer une autre : les promesses fiscales seront nombreuses pendant la campagne. Pour les mesurer, il faut savoir ce que rapporte chaque prélèvement. La question de ce repère : quels sont les impôts et cotisations qui rapportent le plus, et à quelles administrations vont-ils ? Les chiffres viennent des comptes nationaux 2025 de l'Insee.
Le total : 1 305 milliards d'euros, 43,6 % du PIB
En 2025, les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales effectives, nets des crédits d'impôt) atteignent 1 305,1 milliards d'euros, soit 43,6 % du PIB (chiffre provisoire). Pour la définition du taux et son évolution, voir la fiche le taux de prélèvements obligatoires.
Les principaux prélèvements
| Prélèvement, 2025 | Md€ | Part du total (calcul Comptes Publics) |
|---|---|---|
| Cotisations sociales effectives | 446,3 | 34 % |
| Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) | 208,8 | 16 % |
| Contribution sociale généralisée (CSG) | 156,6 | 12 % |
| Impôt sur le revenu (avant crédits d'impôt) | 103,6 | 8 % |
| Impôt sur les sociétés (avant crédits d'impôt) | 69,5 | 5 % |
| Taxe foncière | 44,2 | 3 % |
| Accises sur l'énergie (carburants, électricité, gaz) | 42,2 | 3 % |
| Droits de succession et de donation | 21,1 | 2 % |
| Droits de mutation sur les ventes immobilières et autres droits d'enregistrement | 20,2 | 2 % |
| Taxe sur les salaires | 17,6 | 1 % |
| Accises sur le tabac | 13,6 | 1 % |
| Versement mobilité (transports) | 12,8 | 1 % |
| Taxe sur les conventions d'assurance | 12,2 | 1 % |
| Remises pharmaceutiques | 11,6 | 1 % |
| Formation professionnelle et apprentissage | 11,6 | 1 % |
| Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) | 9,3 | 1 % |
| Cotisation foncière des entreprises | 8,1 | 1 % |
| Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises | 7,5 | 1 % |
Source : Insee, tableau 3.217 (comptes nationaux 2025, provisoires). Le total des prélèvements obligatoires déduit aussi les crédits d'impôt (19,4 Md€) et les montants susceptibles de ne pas être recouvrés ; les lignes ne s'additionnent donc pas exactement au total.
Quatre prélèvements font 70 % du total : les cotisations sociales, la TVA, la CSG et l'impôt sur le revenu. L'impôt sur le revenu, souvent au centre du débat, ne représente qu'un douzième des prélèvements, moins que la CSG, qui a une assiette bien plus large (voir qui paie l'impôt sur le revenu).
Qui les reçoit ?
| Bénéficiaire, 2025 | Md€ | Part |
|---|---|---|
| Administrations de sécurité sociale | 733,2 | 56 % |
| dont cotisations sociales | 434,1 | |
| dont impôts (CSG, part de TVA…) | 299,1 | |
| État | 357,7 | 27 % |
| Administrations locales | 190,2 | 15 % |
| Organismes divers d'administration centrale | 21,1 | 2 % |
| Union européenne | 2,9 | 0,2 % |
Source : Insee, tableau 3.216.
Plus de la moitié des prélèvements financent la protection sociale. L'État n'en reçoit qu'un peu plus du quart : c'est pourquoi une baisse d'impôt décidée dans le budget de l'État et une baisse de cotisations décidée dans celui de la Sécurité sociale n'ont pas le même effet sur les mêmes comptes.
Ce qui a changé en dix ans
| Md€ | 2015 | 2025 |
|---|---|---|
| Cotisations sociales effectives | 368,7 | 446,3 |
| TVA | 152,2 | 208,8 |
| CSG | 95,5 | 156,6 |
| Impôt sur le revenu (avant crédits d'impôt) | 78,4 | 103,6 |
| Impôt sur les sociétés (avant crédits d'impôt) | 50,2 | 69,5 |
| Taxe d'habitation | 18,4 | 2,9 |
| Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises | 13,0 | 3,7 |
| Impôt sur la fortune (ISF puis IFI) | 5,2 | 2,7 |
| Droits de succession et de donation | 12,2 | 21,1 |
Source : Insee, tableau 3.217.
Trois mouvements ressortent : la CSG a fortement augmenté ; plusieurs impôts ont été supprimés ou réduits (taxe d'habitation sur les résidences principales, cotisation sur la valeur ajoutée, ISF remplacé par l'IFI) ; les droits de succession ont presque doublé. Le taux global, lui, est passé de 44,5 % du PIB en 2015 à 43,6 % en 2025.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Qui paie réellement. Le redevable légal n'est pas forcément celui qui supporte l'impôt : une cotisation employeur peut peser sur les salaires, une taxe sur les entreprises sur les prix. Les comptes nationaux ne font pas cette répartition.
- Ce n'est pas le budget de l'État. Les recettes fiscales nettes de l'État (356,4 milliards d'euros en 2025, selon le projet de loi de finances pour 2027) se calculent autrement : après les parts de TVA reversées à la Sécurité sociale et aux collectivités, et en comptabilité budgétaire (voir les recettes de l'État).
- Les chiffres de 2025 sont provisoires. Ils seront révisés par l'Insee.