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Éducation nationale : moins d'élèves, un budget qui augmente. Ce que dit le projet pour 2027

La mission « Enseignement scolaire » passerait à 90,9 milliards d'euros en 2027. La baisse du nombre d'élèves supprime environ 3 000 postes d'enseignants, mais la réforme de leur formation en crée davantage. Les chiffres du projet de budget.

18 octobre 2026 · 4 min de lecture · Alan Bouo

La baisse des naissances se lit désormais dans les écoles. Le projet annuel de performances de la mission « Enseignement scolaire », annexé au projet de loi de finances pour 2027, évoque une « baisse démographique durable » et des projections nationales d'environ 1,7 million d'élèves en moins à l'horizon 2035. La question de ce repère : comment le budget de l'Éducation nationale réagit-il à cette baisse ? Pour les naissances elles-mêmes, voir la série sur la fécondité.

Le budget : 90,9 milliards d'euros en 2027

Mission « Enseignement scolaire », crédits de paiementMd€
Exécution 202587,7
Loi de finances 202689,6
Projet de loi de finances 202790,9

Sources : projet de loi relatif aux résultats de 2025, loi de finances pour 2026 et projet de loi de finances pour 2027, état B.

C'est la première mission du budget de l'État hors remboursements d'impôts, avec 14,8 % des crédits du budget général. Elle progresserait de 1,2 milliard d'euros en 2027.

Programme, Md€LFI 2026PLF 2027dont personnel (2027)
Enseignement public du second degré40,0040,2839,94
Enseignement public du premier degré27,9128,5228,47
Enseignement privé sous contrat (premier et second degrés)8,878,948,06
Vie de l'élève (dont accompagnants des élèves en situation de handicap)8,068,255,87
Soutien de la politique de l'éducation nationale3,053,092,25
Enseignement technique agricole1,731,771,16

Source : loi de finances pour 2026 et projet de loi de finances pour 2027, état B (crédits de paiement, dont titre 2).

Plus de 9 euros sur 10 vont aux dépenses de personnel (titre 2 : 85,8 milliards d'euros sur 90,9, calcul Comptes Publics). Le budget de l'Éducation nationale est donc d'abord une affaire de postes et de salaires, alors que le point d'indice serait gelé en 2027 selon le projet de loi de finances.

Les postes : la démographie en retire, la réforme de la formation en ajoute

Le projet annuel de performances détaille l'évolution des emplois d'enseignants à la rentrée 2027 :

Rentrée 2027, en équivalents temps pleinPremier degré publicSecond degré public
Effet de la baisse du nombre d'élèves−1 898−1 138
Mesures nouvelles (troubles du neurodéveloppement, unités pour l'inclusion scolaire)+148+148
Compensation de la réforme de la formation initiale+1 336+154
Enseignants titulaires−414−836
Enseignants stagiaires et élèves fonctionnaires+1 752+1 183
Total du programme+1 338+347

Source : projet annuel de performances 2027, mission « Enseignement scolaire », programmes 140 et 141.

La baisse démographique retire donc environ 3 000 postes d'enseignants, un chiffre « inférieur à celui de 2026 », précise le document. Mais la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, qui fait entrer les lauréats des concours plus tôt comme élèves fonctionnaires rémunérés, ajoute des emplois. Au total, le projet de loi de finances prévoit +3 257 emplois pour le ministère de l'Éducation nationale, dont +4 742 au titre de cette réforme. Hors réforme, le ministère perdrait des postes.

Moins d'élèves, plus de professeurs par élève

À la rentrée 2025, selon la direction statistique du ministère (DEPP), le premier degré comptait 6,155 millions d'élèves. Le projet annuel de performances indique que les effectifs d'enfants de moins de trois ans scolarisés ont baissé de 9,1 % par rapport à la génération précédente, ceux de trois ans de 2,4 %.

Quand le nombre d'élèves baisse plus vite que le nombre d'enseignants, le taux d'encadrement s'améliore mécaniquement. Le ministère le reconnaît : « cette baisse des effectifs devrait contribuer globalement à l'amélioration des taux d'encadrement ». Il expérimente depuis 2025, dans plusieurs départements, une carte scolaire pluriannuelle pour adapter l'offre aux évolutions démographiques, c'est-à-dire fermer ou regrouper des classes.

C'est là le choix que la baisse démographique pose au prochain quinquennat : garder les postes pour réduire la taille des classes, ou les supprimer au rythme des élèves pour dégager des économies. Le projet pour 2027 fait un peu des deux : il retire les postes correspondant à la démographie, mais en recrée par la réforme de la formation.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Sources

  1. Projet annuel de performances 2027, mission « Enseignement scolaire » (annexe au projet de loi de finances pour 2027)
  2. Projet de loi de finances pour 2027, Assemblée nationale n° 3210, état B et article relatif au plafond des autorisations d'emplois de l'État
  3. Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, état B
  4. Projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année 2025, Assemblée nationale n° 2694
  5. Ministère de l'Éducation nationale, DEPP, « Les effectifs dans le premier degré : 6,155 millions d'élèves scolarisés à la rentrée 2025 »