Le « train de vie de l'État » revient dans toutes les campagnes, et avec lui le coût de l'Élysée et du Parlement. La question de ce repère : combien coûtent la présidence de la République, l'Assemblée nationale et le Sénat, et que représentent ces montants dans le budget ?
Les dotations
Les pouvoirs publics ne reçoivent pas des crédits ordinaires mais des dotations, dont ils gèrent l'emploi en autonomie (principe de séparation des pouvoirs).
| Dotation, M€ | Exécution 2025 | LFI 2026 | PLF 2027 |
|---|---|---|---|
| Assemblée nationale | 607,6 | 607,6 | 619,8 |
| Sénat | 353,5 | 353,5 | 360,5 |
| Présidence de la République | 122,6 | 122,6 | 122,6 |
| La Chaîne parlementaire (LCP-AN, Public Sénat) | 35,2 | 35,6 | 35,6 |
| Conseil constitutionnel | 17,9 | 20,0 | 20,0 |
| Cour de justice de la République | 1,0 | 0,9 | 0,9 |
| Mission « Pouvoirs publics » | 1,1 Md€ | 1,1 Md€ | 1,2 Md€ |
Sources : projet de loi relatif aux résultats de 2025, loi de finances pour 2026, projet de loi de finances pour 2027 (état B).
Ensemble, ces institutions représentent environ 0,2 % des crédits du budget général de l'État en 2027.
La présidence de la République : dotation gelée depuis 2024
Selon le projet annuel de performances, la dotation de la présidence reste à 122,56 millions d'euros pour la quatrième année consécutive, « malgré une inflation cumulée de 6,5 % sur la période (2024-2027) ». La présidence estime à environ 6 millions d'euros par an l'économie par rapport à une dotation indexée sur l'inflation.
| Budget de la présidence, 2027 | M€ |
|---|---|
| Dépenses de personnel (810 équivalents temps plein en 2026, surtout des fonctionnaires mis à disposition) | 79,0 |
| Activité présidentielle (déplacements 20, réceptions et événements 4) | 24,0 |
| Fonctionnement des services | 16,7 |
| Investissement | 6,5 |
| Recettes propres attendues (refacturations, tournages, boutique) | 5,0 |
Source : projet annuel de performances 2027, « Pouvoirs publics », présidence de la République.
L'Assemblée nationale et le Sénat : +2 % après deux ans de gel
L'Assemblée nationale demande une dotation de 619,8 millions d'euros pour 2027, une revalorisation de 2 % « après deux années consécutives de gel ». Son budget total serait de 642,95 millions d'euros, en baisse de 0,2 % ; la dotation de l'État en finance l'essentiel, les recettes propres étant marginales. En 2025, elle a dépensé 629,3 millions d'euros, dont 345,9 millions de « charges parlementaires ».
Le Sénat passerait à 360,5 millions d'euros de dotation (+2 %).
Ce que ces chiffres ne disent pas
- L'économie possible est limitée. Même une baisse de 10 % de toutes ces dotations rapporterait environ 116 millions d'euros par an, 0,08 % du déficit public de 2025 (calcul Comptes Publics).
- Ce n'est pas tout le coût de la vie politique. Le financement public des partis et des campagnes électorales relève d'une autre mission (« Administration générale et territoriale de l'État »), tout comme l'organisation des élections.
- Les assemblées fixent elles-mêmes leur budget. Le gouvernement inscrit dans le projet de loi de finances les dotations demandées par les institutions ; le Parlement les vote.