Le logement sera l'un des thèmes de la campagne. La question de ce repère est préalable aux propositions : que dépense déjà l'État pour le logement, sous quelle forme, et que change le budget 2027 ?
Le budget : la mission « Cohésion des territoires »
La mission « Cohésion des territoires » porte l'essentiel des crédits du logement : 22,5 milliards d'euros de crédits de paiement dans le projet pour 2027 (22,6 en 2026).
| Programme, crédits de paiement 2027 | Md€ | Ce qu'il finance |
|---|---|---|
| Aide à l'accès au logement | 16,52 | Les aides personnelles au logement (APL, allocations de logement) |
| Hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables | 3,26 | Hébergement d'urgence, plan « Logement d'abord » |
| Urbanisme, territoires et amélioration de l'habitat | 1,79 | Dotation à l'Anah (MaPrimeRénov'), aides à la pierre pour le logement social |
| Politique de la ville et aménagement du territoire | 0,94 | Quartiers prioritaires, contrats avec les collectivités |
Source : projet de loi de finances pour 2027, état B.
Les aides personnelles au logement : 5,6 millions de ménages
Selon le projet annuel de performances, les aides personnelles au logement représenteront 16,5 milliards d'euros en 2027, frais de gestion compris, entièrement financés par le budget de l'État. Elles ont bénéficié à 5,6 millions de ménages en 2025, surtout des locataires.
Ce sont des aides très ciblées : selon le même document, 86,8 % des ménages locataires bénéficiaires (hors étudiants) ont des revenus inférieurs au Smic net, et 99,8 % inférieurs à deux Smic nets.
Ce qui change en 2027, d'après le projet :
- le barème est gelé, comme l'ensemble des prestations hors minima sociaux, allocation aux adultes handicapés et petites retraites ;
- les foyers parmi les 20 % les plus aisés devront choisir entre l'aide au logement de leur enfant étudiant et les avantages fiscaux liés à son rattachement au foyer fiscal ou à une pension alimentaire ;
- un délai de carence d'un an est instauré pour les étrangers non européens ;
- depuis le 1er juillet 2026, les aides aux étudiants non européens sont réservées aux boursiers (loi de finances pour 2026).
MaPrimeRénov' : recentrée sur les rénovations globales
La dotation de l'État à l'Agence nationale de l'habitat (Anah), qui finance MaPrimeRénov', baisse en crédits de paiement : 1 233 millions d'euros en 2027 contre 1 450 en 2026. Selon le projet annuel de performances, les « gestes » de rénovation prioritaires, notamment les pompes à chaleur, ne seront plus financés que par les certificats d'économie d'énergie (payés par les fournisseurs d'énergie), pour concentrer l'Anah sur les rénovations d'ampleur. Plus de 120 000 logements ont bénéficié d'une aide de l'Anah pour une rénovation d'ampleur en 2025, 33 % de plus qu'en 2024.
Les autorisations d'engagement de l'Anah bondissent (5 406 millions d'euros contre 1 421), mais le document précise qu'il s'agit d'une « régularisation technique » liée à un changement de mode de budgétisation, pas d'une hausse de l'aide.
Les avantages fiscaux : environ 11 milliards d'euros
À côté des crédits, l'État soutient le logement par des dépenses fiscales (réductions d'impôt, taux réduits de TVA, exonérations). L'annexe au projet de budget consacrée à ces dispositifs en chiffre environ 11,2 milliards d'euros en 2027 pour les 49 rattachées au programme du logement :
| Objectif | Dépenses fiscales 2027 | Principaux dispositifs |
|---|---|---|
| Amélioration de l'habitat | 6,1 Md€ | Déduction des travaux des revenus fonciers (près de 2,3 Md€, chiffre 2025), TVA réduite sur les travaux ; dont 1,3 Md€ pour la rénovation énergétique (TVA à 5,5 %, éco-prêt à taux zéro) |
| Développement de l'offre | 2,8 Md€ | Prêt à taux zéro (1,1 Md€), logement intermédiaire (0,4 Md€), Pinel (1,2 Md€ pour des investissements passés) |
| Logement social | 1,8 Md€ | TVA à 5,5 % et 10 % (1,3 Md€), exonération d'impôt sur les sociétés des organismes HLM (0,5 Md€) |
Source : rapport évaluant l'efficacité des dépenses fiscales en faveur du logement, annexe au PLF 2027.
Une partie de ces dépenses fiscales correspond à des dispositifs fermés qui coûtent encore : le Pinel, éteint fin 2024, représente 1,2 milliard d'euros ; le Scellier intermédiaire, ouvert entre 2009 et 2013, coûtera jusqu'en 2051 (167 millions d'euros en 2027). Voir aussi les niches fiscales.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Ce n'est pas toute la dépense publique de logement. Les collectivités, Action Logement et les organismes HLM financent aussi la construction et la rénovation. Le risque « logement » de la protection sociale (les aides au logement) est suivi par la DREES dans une autre série.
- Une aide à la personne n'est pas une aide à la construction. Les aides personnelles réduisent le loyer payé par les ménages ; elles ne créent pas directement de logements.
- Ce sont des crédits demandés. Le gel du barème et le droit d'option pour les étudiants seront débattus au Parlement.