Les « banlieues » reviennent dans chaque campagne, souvent avec l'idée que l'État y aurait dépensé des sommes considérables sans résultat. La question de ce repère : combien l'État consacre-t-il aux quartiers prioritaires, et sous quelle forme ?
1 609 quartiers, 5,9 millions d'habitants
Selon le document de politique transversale « Ville » annexé au projet de loi de finances pour 2027, la politique de la ville intervient dans 1 609 quartiers prioritaires, en métropole et en outre-mer, où vivent 5,9 millions de personnes. Ces quartiers sont définis par la concentration de la pauvreté ; leur liste a été actualisée fin 2023 en métropole et en 2024 outre-mer.
7,0 milliards d'euros de crédits de l'État
| Crédits de paiement de l'État pour la politique de la ville | M€ |
|---|---|
| Exécution 2025 | 6 967 |
| Loi de finances 2026 | 7 119 |
| Projet de loi de finances 2027 | 7 042 |
Source : document de politique transversale « Ville », récapitulation des crédits par programme.
L'essentiel ne vient pas d'un budget « banlieues » mais des politiques de droit commun renforcées dans ces quartiers :
| Principaux programmes, PLF 2027 | M€ |
|---|---|
| Enseignement scolaire public du premier degré (écoles des quartiers prioritaires) | 2 089 |
| Enseignement scolaire public du second degré | 697 |
| Accès et retour à l'emploi (insertion, contrat d'engagement jeune) | 518 |
| Transmission des savoirs et démocratisation de la culture | 272 |
| Accompagnement des mutations économiques (alternance) | 170 |
| Vie de l'élève | 149 |
Source : document de politique transversale « Ville », PLF 2027 (extraits).
Le programme spécifique « Politique de la ville » (cités éducatives, actions des contrats de ville, soutien aux associations des quartiers) est doté de 619 millions d'euros en 2027, dans la mission « Cohésion des territoires » (état B).
La rénovation urbaine : 14,2 milliards d'euros de concours de l'ANRU
Le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) concerne 448 quartiers, qui ont tous un projet validé. Selon le document :
- les concours de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) atteignent 14,2 milliards d'euros, dont 10,8 milliards de subventions, pour des projets estimés à plus de 48,2 milliards d'euros tous financeurs confondus ;
- ils doivent financer 105 800 démolitions de logements sociaux, 85 200 reconstructions et 145 300 réhabilitations ;
- un troisième programme (« ANRU 3 ») a été annoncé en avril 2026 ; 128,5 millions d'euros sont prévus pour l'ANRU en 2027.
Les projets sont financés par plusieurs acteurs (collectivités, bailleurs sociaux, ANRU) : les concours de l'ANRU représentent un peu moins d'un tiers du coût total des projets.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Ce n'est pas une dépense « en plus ». Les 7 milliards d'euros sont surtout des crédits ordinaires (enseignants, insertion) affectés à ces territoires ; ils mesurent une présence de l'État, pas un surcoût.
- Les collectivités et la Sécurité sociale n'y sont pas. Les dépenses des communes, des départements (aide sociale) et les prestations sociales ne sont pas comptées.
- Ce n'est pas une évaluation. Le document recense des moyens ; il ne dit pas si les écarts avec les autres quartiers se réduisent.