Routes dégradées, petites lignes ferroviaires, transports du quotidien : l'entretien et le développement des réseaux reviendront dans la campagne. La question de ce repère : comment l'État finance-t-il les infrastructures de transport, et combien ? Il le fait par plusieurs canaux, qu'il ne faut pas additionner sans précaution.
Le programme « Infrastructures et services de transports » : 4,8 milliards d'euros
Dans la mission « Écologie, développement et mobilité durables », le programme consacré aux transports dispose de 4,84 milliards d'euros de crédits de paiement dans le projet de loi de finances pour 2027, contre 4,61 milliards dans la loi de finances pour 2026 (état B).
L'agence des infrastructures : 3,86 milliards d'euros, financés par des taxes
L'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) finance les grands projets et une part des contrats de plan. Selon le projet annuel de performances :
- son budget initial pour 2027 est estimé à 3,86 milliards d'euros de crédits de paiement (3,71 milliards en 2026) ;
- elle reçoit 2,99 milliards d'euros de taxes affectées, prélevées sur les transports routier et aérien ;
- pour la première fois, 300 millions d'euros de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises de transport maritime lui sont affectés.
Une partie des dépenses de l'AFITF revient au budget de l'État par fonds de concours : sur les 9 milliards d'euros d'engagements de l'État dans les contrats de plan État-régions 2023-2027, 7,91 milliards sont financés par l'AFITF. Additionner les crédits du programme et le budget de l'AFITF compterait donc deux fois une partie des mêmes dépenses.
Le Grand Paris Express et SNCF Réseau
- Grand Paris Express : la Société des grands projets reçoit 1,16 milliard d'euros de taxes affectées en 2027 (1,03 milliard en 2026). L'article 70 du projet de loi de finances autorise l'État à garantir jusqu'à 2 milliards d'euros d'emprunts auprès de la Banque européenne d'investissement pour la ligne 15 Ouest. Le gouvernement estime que ce prêt, moins cher qu'une émission obligataire de 30 à 45 points de base, économiserait 120 à 180 millions d'euros de charges financières sur vingt ans.
- SNCF Réseau : l'État a repris une partie de sa dette. Il en paie les intérêts dans la mission « Engagements financiers de l'État » (0,56 milliard d'euros en 2027) et le tableau de financement prévoit 0,6 milliard d'euros d'amortissement de dettes reprises. Depuis le passage des comptes nationaux en base 2020, l'Insee intègre aussi les recettes et dépenses de SNCF Réseau dans les administrations publiques, ce qui a augmenté la dépense publique d'environ 10 milliards d'euros sans changer le déficit, selon le projet de loi de finances.
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Ce n'est pas toute la dépense de transport. Les collectivités financent l'essentiel des transports du quotidien (régions pour les trains régionaux, Île-de-France Mobilités, intercommunalités), et les sociétés d'autoroutes l'entretien du réseau concédé.
- Les taxes affectées sont plafonnées. Une partie des taxes perçues au-delà des plafonds revient au budget général ; le montant affecté n'est pas une dépense en soi.
- Les garanties ne sont pas des dépenses. Elles ne coûtent qu'en cas de défaut de l'emprunteur.