Lois de finances · Budget de l'État
Loi de finances pour 2026
Ce que la loi du 19 février 2026 autorise l'État à dépenser, mission par mission, et le déficit qu'elle prévoit.
La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain. L'année a donc commencé sans budget voté : de janvier à la mi-février, l'État a fonctionné sous le régime d'une loi spéciale, qui l'autorise à percevoir les impôts existants et à emprunter. Les dépenses se limitent alors aux « services votés » : le minimum nécessaire pour poursuivre l'exécution des services publics dans les conditions de l'année précédente.
Pour le budget général, la loi ouvre 593,9 milliards d'euros de crédits de paiement et 620,2 milliards d'euros d'autorisations d'engagement (article 148). Elle prévoit un solde général de l'État en déficit de 134,6 milliards d'euros (article 147).
Deux montants par ligne
Une autorisation d'engagement permet de signer un engagement : un marché, un contrat, une commande de plusieurs années. Un crédit de paiement permet de payer, dans l'année, ce qui est dû. Pour un programme d'armement, l'État engage aujourd'hui ce qu'il paiera sur dix ans : les autorisations d'engagement de la mission Défense (92,8 milliards) dépassent largement ses crédits de paiement (66,5 milliards). Pour les salaires, les deux montants se confondent. C'est le crédit de paiement qui mesure ce que l'État dépense dans l'année.
Les crédits, mission par mission
| Mission | Crédits de paiement (Md€) | Part | Autorisations d'engagement (Md€) |
|---|---|---|---|
| Remboursements et dégrèvements | 145,6 | 24,5 % | 145,6 |
| Enseignement scolaire | 89,6 | 15,1 % | 89,6 |
| Défense | 66,5 | 11,2 % | 92,8 |
| Engagements financiers de l'Etat | 60,3 | 10,2 % | 60,2 |
| Recherche et enseignement supérieur | 31,6 | 5,3 % | 32,1 |
| Solidarité, insertion et égalité des chances | 31,3 | 5,3 % | 31,3 |
| Sécurités | 25,8 | 4,4 % | 26,5 |
| Écologie, développement et mobilité durables | 22,8 | 3,8 % | 25,4 |
| Cohésion des territoires | 22,6 | 3,8 % | 22,5 |
| Travail, emploi et administration des ministères sociaux | 20,8 | 3,5 % | 20,0 |
| Justice | 13,0 | 2,2 % | 12,6 |
| Gestion des finances publiques | 11,0 | 1,9 % | 11,2 |
| Régimes sociaux et de retraite | 6,1 | 1,0 % | 6,1 |
| Administration générale et territoriale de l'Etat | 5,1 | 0,9 % | 5,0 |
| Investir pour la France de 2030 | 4,4 | 0,7 % | 0,5 |
| Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales | 4,1 | 0,7 % | 4,1 |
| Relations avec les collectivités territoriales | 4,0 | 0,7 % | 3,8 |
| Culture | 3,7 | 0,6 % | 3,8 |
| Aide publique au développement | 3,6 | 0,6 % | 4,3 |
| Économie | 3,5 | 0,6 % | 3,7 |
| Action extérieure de l'Etat | 3,5 | 0,6 % | 3,4 |
| Outre-mer | 3,3 | 0,6 % | 3,6 |
| Immigration, asile et intégration | 2,1 | 0,4 % | 2,2 |
| Santé | 1,9 | 0,3 % | 1,9 |
| Monde combattant, mémoire et liens avec la Nation | 1,7 | 0,3 % | 1,7 |
| Sport, jeunesse et vie associative | 1,3 | 0,2 % | 1,6 |
| Pouvoirs publics | 1,1 | 0,2 % | 1,1 |
| Direction de l'action du Gouvernement | 1,1 | 0,2 % | 1,0 |
| Conseil et contrôle de l'Etat | 0,9 | 0,1 % | 0,8 |
| Médias, livre et industries culturelles | 0,7 | 0,1 % | 0,7 |
| Transformation et fonction publiques | 0,5 | 0,1 % | 0,5 |
| Crédits non répartis | 0,5 | 0,1 % | 0,8 |
| Total du budget général | 593,9 | 100 % | 620,2 |
Source : Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, état B. Télécharger le détail par programme (CSV).
Ce que le total ne dit pas
La première ligne n'est pas une politique publique. La mission Remboursements et dégrèvements (145,6 milliards, 24,5 % du total) retrace des impôts rendus : excédents de TVA remboursés aux entreprises, crédits d'impôt, dégrèvements accordés aux contribuables. Ce sont des recettes en moins plus que des dépenses. Sans elles, le budget général des politiques de l'État est bien plus petit que le total affiché.
La mission Engagements financiers de l'État (60,3 milliards) porte pour l'essentiel la charge de la dette de l'État : les intérêts, pas le remboursement du capital. Rembourser un titre arrivé à échéance n'est pas une dépense budgétaire ; c'est une opération de trésorerie, financée par un nouvel emprunt. Cette charge ne concerne que l'État : celle de l'ensemble des administrations publiques, en comptabilité nationale, est un autre agrégat, suivi dans la série dédiée.
Viennent ensuite les grandes politiques : Enseignement scolaire (89,6 milliards), Défense (66,5 milliards), Recherche et enseignement supérieur (31,6 milliards).
Le tableau ne contient pas tout ce que dépense l'État. Les budgets annexes, les comptes spéciaux (dont les pensions des fonctionnaires) et les prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne figurent dans d'autres articles et états de la loi.
Un solde budgétaire n'est pas le déficit public
Le solde de 134,6 milliards prévu par l'article 147 est celui du budget de l'État, en comptabilité budgétaire. Ce n'est pas le déficit public, qui additionne l'État, la sécurité sociale, les collectivités et divers organismes, en comptabilité nationale. Les deux chiffres sont publiés, commentés et parfois confondus ; ils ne répondent pas à la même question.
C'est aussi une prévision. Ce que l'État a réellement encaissé et dépensé en 2026 ne sera connu qu'au printemps 2027, avec le projet de loi relatif aux résultats de la gestion de l'année.
Le détail par programme, avec la part des crédits consacrée aux rémunérations (« titre 2 »), est téléchargeable ci-dessus. Il est extrait du texte publié au Journal officiel ; les totaux de chaque mission et du budget général sont vérifiés à l'euro près contre la loi.