Comptes Publics

L'argent public, en clair.

Lois de finances · Budget de l'État

Loi de finances pour 2026

Ce que la loi du 19 février 2026 autorise l'État à dépenser, mission par mission, et le déficit qu'elle prévoit.

Mis à jour le 27 septembre 2026

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain. L'année a donc commencé sans budget voté : de janvier à la mi-février, l'État a fonctionné sous le régime d'une loi spéciale, qui l'autorise à percevoir les impôts existants et à emprunter. Les dépenses se limitent alors aux « services votés » : le minimum nécessaire pour poursuivre l'exécution des services publics dans les conditions de l'année précédente.

Pour le budget général, la loi ouvre 593,9 milliards d'euros de crédits de paiement et 620,2 milliards d'euros d'autorisations d'engagement (article 148). Elle prévoit un solde général de l'État en déficit de 134,6 milliards d'euros (article 147).

Deux montants par ligne

Une autorisation d'engagement permet de signer un engagement : un marché, un contrat, une commande de plusieurs années. Un crédit de paiement permet de payer, dans l'année, ce qui est dû. Pour un programme d'armement, l'État engage aujourd'hui ce qu'il paiera sur dix ans : les autorisations d'engagement de la mission Défense (92,8 milliards) dépassent largement ses crédits de paiement (66,5 milliards). Pour les salaires, les deux montants se confondent. C'est le crédit de paiement qui mesure ce que l'État dépense dans l'année.

Les crédits, mission par mission

MissionCrédits de paiement (Md€)PartAutorisations d'engagement (Md€)
Remboursements et dégrèvements145,624,5 %145,6
Enseignement scolaire89,615,1 %89,6
Défense66,511,2 %92,8
Engagements financiers de l'Etat60,310,2 %60,2
Recherche et enseignement supérieur31,65,3 %32,1
Solidarité, insertion et égalité des chances31,35,3 %31,3
Sécurités25,84,4 %26,5
Écologie, développement et mobilité durables22,83,8 %25,4
Cohésion des territoires22,63,8 %22,5
Travail, emploi et administration des ministères sociaux20,83,5 %20,0
Justice13,02,2 %12,6
Gestion des finances publiques11,01,9 %11,2
Régimes sociaux et de retraite6,11,0 %6,1
Administration générale et territoriale de l'Etat5,10,9 %5,0
Investir pour la France de 20304,40,7 %0,5
Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales4,10,7 %4,1
Relations avec les collectivités territoriales4,00,7 %3,8
Culture3,70,6 %3,8
Aide publique au développement3,60,6 %4,3
Économie3,50,6 %3,7
Action extérieure de l'Etat3,50,6 %3,4
Outre-mer3,30,6 %3,6
Immigration, asile et intégration2,10,4 %2,2
Santé1,90,3 %1,9
Monde combattant, mémoire et liens avec la Nation1,70,3 %1,7
Sport, jeunesse et vie associative1,30,2 %1,6
Pouvoirs publics1,10,2 %1,1
Direction de l'action du Gouvernement1,10,2 %1,0
Conseil et contrôle de l'Etat0,90,1 %0,8
Médias, livre et industries culturelles0,70,1 %0,7
Transformation et fonction publiques0,50,1 %0,5
Crédits non répartis0,50,1 %0,8
Total du budget général593,9100 %620,2

Source : Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, état B. Télécharger le détail par programme (CSV).

Ce que le total ne dit pas

La première ligne n'est pas une politique publique. La mission Remboursements et dégrèvements (145,6 milliards, 24,5 % du total) retrace des impôts rendus : excédents de TVA remboursés aux entreprises, crédits d'impôt, dégrèvements accordés aux contribuables. Ce sont des recettes en moins plus que des dépenses. Sans elles, le budget général des politiques de l'État est bien plus petit que le total affiché.

La mission Engagements financiers de l'État (60,3 milliards) porte pour l'essentiel la charge de la dette de l'État : les intérêts, pas le remboursement du capital. Rembourser un titre arrivé à échéance n'est pas une dépense budgétaire ; c'est une opération de trésorerie, financée par un nouvel emprunt. Cette charge ne concerne que l'État : celle de l'ensemble des administrations publiques, en comptabilité nationale, est un autre agrégat, suivi dans la série dédiée.

Viennent ensuite les grandes politiques : Enseignement scolaire (89,6 milliards), Défense (66,5 milliards), Recherche et enseignement supérieur (31,6 milliards).

Le tableau ne contient pas tout ce que dépense l'État. Les budgets annexes, les comptes spéciaux (dont les pensions des fonctionnaires) et les prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne figurent dans d'autres articles et états de la loi.

Un solde budgétaire n'est pas le déficit public

Le solde de 134,6 milliards prévu par l'article 147 est celui du budget de l'État, en comptabilité budgétaire. Ce n'est pas le déficit public, qui additionne l'État, la sécurité sociale, les collectivités et divers organismes, en comptabilité nationale. Les deux chiffres sont publiés, commentés et parfois confondus ; ils ne répondent pas à la même question.

C'est aussi une prévision. Ce que l'État a réellement encaissé et dépensé en 2026 ne sera connu qu'au printemps 2027, avec le projet de loi relatif aux résultats de la gestion de l'année.

Le détail par programme, avec la part des crédits consacrée aux rémunérations (« titre 2 »), est téléchargeable ci-dessus. Il est extrait du texte publié au Journal officiel ; les totaux de chaque mission et du budget général sont vérifiés à l'euro près contre la loi.

Sources

  1. Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (articles 147 et 148, état B)
  2. Journal officiel en données ouvertes (DILA), archive du 20 février 2026
  3. economie.gouv.fr — Budget 2026 : à quoi sert la loi spéciale ?