Les crises agricoles successives ont placé le revenu des agriculteurs au centre du débat public, et la négociation de la prochaine politique agricole commune s'ouvre pour l'après-2027. La question de ce repère : quels soutiens publics reçoit l'agriculture, et d'où viennent-ils ?
L'Union européenne : 9,5 milliards d'euros
La politique agricole commune (PAC) est financée par le budget européen. Selon l'annexe au projet de loi de finances consacrée aux relations avec l'Union, 9,5 milliards d'euros de dépenses agricoles européennes ont été versés en France en 2025, près de 57 % de toutes les dépenses de l'Union en France (voir le solde net avec l'Union).
| Dépenses agricoles de l'Union en France, M€ | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Agriculture (PAC) | 9 419 | 9 499 | 9 540 | 9 582 | 9 512 |
Source : annexe « Relations financières avec l'Union européenne » au PLF 2027, d'après la Commission.
Ces aides ne passent pas par le budget de l'État : elles sont payées par un organisme national pour le compte de l'Union. Le budget national cofinance une partie des aides du second pilier (indemnité compensatoire de handicaps naturels, mesures agroenvironnementales, agriculture biologique, gestion des risques).
Le budget de l'État : 3,6 milliards d'euros en 2027
| Mission agricole, crédits de paiement | Md€ |
|---|---|
| Exécution 2025 (« Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales ») | 4,1 |
| Loi de finances 2026 (même mission) | 4,1 |
| Projet de loi de finances 2027 (« Agriculture et alimentation ») | 3,6 |
Sources : état B des lois et projet de loi de finances. La mission change de nom et de périmètre en 2027.
La baisse apparente de 2027 tient en partie à un changement de périmètre : selon le projet annuel de performances, les crédits de la forêt sont transférés vers un nouveau programme « Forêt » de la mission « Écologie ». Les crédits comprennent aussi la compensation à la Mutualité sociale agricole de l'exonération de cotisations pour l'embauche de travailleurs occasionnels (0,59 milliard d'euros en 2027), désormais regroupée dans un seul programme, et la sécurité sanitaire de l'alimentation (0,82 milliard).
Les avantages fiscaux : le gazole non routier en tête
Le premier avantage fiscal de l'agriculture est le tarif réduit d'accise sur le gazole non routier agricole : 2,15 milliards d'euros en 2025 selon la Cour des comptes, en hausse de 22 % en un an, au neuvième rang des dépenses fiscales de l'État. Le rapport sur l'impact environnemental du budget le classe parmi les dépenses défavorables à l'environnement (voir le budget vert).
D'après l'annexe sur les aides aux entreprises, l'agriculture bénéficie aussi de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (383 millions d'euros en 2024) et de l'exonération pour les travailleurs occasionnels (383 millions la même année).
Ce que pèsent ces aides
Selon le projet annuel de performances, les concours publics (aides de la PAC et du ministère) représentent 23 % de l'excédent brut d'exploitation des entreprises agricoles en 2025, contre 25,2 % en 2024. Les subventions d'exploitation atteignaient 8,3 milliards d'euros en 2025 (8,6 en 2024).
Ce que ces chiffres ne disent pas
- On ne peut pas simplement additionner. Les dépenses de la PAC, les crédits nationaux (dont une partie cofinance la PAC), les dépenses fiscales et les exonérations de cotisations ne sont pas mesurés de la même façon ni sur les mêmes années.
- Ce n'est pas le revenu agricole. Les aides se répartissent très inégalement selon les productions et la taille des exploitations ; ces totaux ne disent rien de leur distribution.
- La PAC après 2027 est en négociation. Le montant des aides européennes de la prochaine période dépendra du futur cadre financier de l'Union.