Baisser les taxes sur les carburants ou l'électricité revient dans chaque campagne, surtout quand les prix montent. La question de ce repère : combien rapportent les taxes sur l'énergie, à qui, et combien d'exceptions existent déjà ? Pour le fonctionnement de la principale d'entre elles, voir la fiche la taxe intérieure sur les produits énergétiques.
43 milliards d'euros en 2025
Les « accises » sont des taxes fixées en euros par quantité (par litre, par mégawattheure), pas en pourcentage du prix. Selon les comptes nationaux de l'Insee :
| Accises sur l'énergie, Md€ | 2015 | 2025 |
|---|---|---|
| Produits énergétiques, dont carburants (ex-TICPE) | 26,5 | 30,5 |
| Électricité (ex-TICFE) | 8,7 | 8,3 |
| Gaz naturel (ex-TICGN) | 0,6 | 3,4 |
| Autres taxes sur l'énergie | 0,8 | 1,0 |
| Total | 36,6 | 43,2 |
Source : Insee, tableau 3.217 (comptes nationaux 2025, provisoires). Total : calcul Comptes Publics.
C'est environ 3,3 % des prélèvements obligatoires (voir la carte des prélèvements). La TVA s'ajoute à ces accises sur la facture : elle est calculée sur le prix taxe comprise, mais les comptes nationaux ne l'isolent pas par produit.
L'État n'en garde qu'une partie
Le projet de loi de finances pour 2027 inscrit pour l'État :
| Accises sur l'énergie, recettes de l'État 2027 | Md€ |
|---|---|
| Accise sur les carburants | 16,3 |
| Accise sur l'électricité | 5,1 |
| Accise sur le gaz | 2,0 |
| Total des accises sur l'énergie | 23,5 |
Source : projet de loi de finances pour 2027, état A.
L'écart avec le total de l'Insee s'explique notamment par les parts de ces taxes affectées à d'autres administrations que l'État, et par les méthodes : comptabilité budgétaire de l'État contre comptabilité nationale de l'ensemble des administrations. Enfin, les lignes de l'état A ont été redéfinies entre 2026 et 2027 (accises nettes des remboursements dans le projet) : on ne peut pas comparer directement les montants de la loi de finances pour 2026 et du projet pour 2027.
Selon l'exposé général des motifs, les accises sur les énergies de l'État progresseraient de 1,8 milliard d'euros en 2027, sous l'effet surtout d'un rebond attendu de la consommation.
Les exceptions : environ 6 milliards pour les entreprises
Une partie des consommations paie un tarif réduit. L'annexe sur les aides publiques aux entreprises recense 5,9 milliards d'euros de tarifs réduits d'accise sur l'énergie en 2024, dont :
| Tarif réduit | Coût |
|---|---|
| Gazole non routier agricole | 1,8 Md€ |
| Gazole des transporteurs routiers de marchandises (remboursement) | 1,2 Md€ |
| Gazole non routier, usages non agricoles | 0,7 Md€ |
| Gaz naturel des industries grandes consommatrices | 0,7 Md€ |
| Électricité des industries électro-intensives | 0,4 Md€ |
Source : annexe « Aides publiques aux entreprises » au PLF 2027 (exécution 2024).
Le rapport sur l'impact environnemental du budget classe les taux réduits sur les carburants (3 milliards d'euros en 2027) parmi les dépenses défavorables à l'environnement (voir le budget vert).
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Le prix à la pompe n'est pas que des taxes. Il dépend du cours du pétrole, du raffinage et des marges de distribution ; l'accise étant fixe par litre, sa part dans le prix varie avec le cours.
- Baisser une accise ne coûte pas seulement à l'État. Les collectivités et organismes qui en reçoivent une part seraient touchés, et la TVA sur la taxe baisserait aussi.
- Le rendement dépend des volumes. Une consommation de carburants qui baisse (véhicules électriques, sobriété) réduit la recette à tarif inchangé.