Le projet de loi de finances pour 2027 demande 615,1 milliards d'euros de crédits de paiement pour le budget général de l'État. La loi de finances pour 2026 en avait ouvert 593,9 milliards. L'écart est de 21,2 milliards d'euros, soit 3,6 %. La question de ce repère : où va cette hausse ?
La réponse tient en deux lignes. La charge de la dette ajoute 13,8 milliards ; la défense ajoute 6,7 milliards. À elles deux, elles représentent 96 % de la hausse. Le reste des missions, pris ensemble, bouge de moins d'un milliard.
Ce qui augmente
| Mission | LFI 2026 (Md€) | PLF 2027 (Md€) | Écart (Md€) | Écart (%) |
|---|---|---|---|---|
| Engagements financiers de l'État | 60,3 | 74,5 | +14,1 | +23,4 % |
| Défense | 66,5 | 73,2 | +6,7 | +10,0 % |
| Enseignement scolaire | 89,6 | 90,9 | +1,2 | +1,4 % |
| Solidarité, insertion et égalité des chances | 31,3 | 32,2 | +0,9 | +2,9 % |
| Sécurités | 25,8 | 26,6 | +0,8 | +3,1 % |
| Écologie, développement et mobilité durables | 22,8 | 23,4 | +0,7 | +2,9 % |
| Justice | 13,0 | 13,4 | +0,5 | +3,6 % |
| Outre-mer | 3,3 | 3,7 | +0,5 | +14,1 % |
| Administration générale et territoriale de l'État | 5,1 | 5,5 | +0,4 | +8,6 % |
| Recherche et enseignement supérieur | 31,6 | 32,1 | +0,4 | +1,3 % |
Les écarts sont calculés sur les montants exacts, d'où d'éventuels écarts d'un dixième avec la différence des montants arrondis affichés.
Engagements financiers de l'État (+14,1 milliards). C'est la mission qui porte la charge de la dette. Son programme « Charge de la dette et trésorerie de l'État » passe de 58,6 à 72,4 milliards d'euros (+13,8). Ce sont des crédits dits évaluatifs : leur montant n'est pas un plafond que l'on choisit mais l'estimation de ce que l'État devra payer, qui dépend des taux d'intérêt et de l'inflation. La hausse prolonge celle que décrit l'article sur les prévisions 2026-2027. Ce programme n'est qu'une partie de la charge d'intérêts de l'ensemble des administrations publiques : la fiche La charge de la dette : pourquoi les chiffres diffèrent explique les périmètres.
Défense (+6,7 milliards). La hausse vient pour 4,1 milliards du programme « Équipement des forces », pour 1,7 milliard de « Préparation et emploi des forces », pour 0,5 milliard du soutien et pour 0,4 milliard de l'environnement et de la prospective. Le projet de loi présente cet effort comme celui de la loi de programmation militaire.
Les autres hausses sont modestes : l'enseignement scolaire gagne 1,2 milliard (+1,4 %), la solidarité 0,9 milliard (dont 0,9 pour le programme « Handicap et dépendance »), les sécurités 0,8 milliard (police nationale, gendarmerie et sécurité civile). Parmi les plus fortes variations relatives, l'outre-mer (+14,1 %) et l'administration générale et territoriale (+8,6 %) partent de montants faibles.
Ce qui baisse
| Mission | LFI 2026 (Md€) | PLF 2027 (Md€) | Écart (Md€) | Écart (%) |
|---|---|---|---|---|
| Travail, emploi et administration des ministères sociaux | 20,8 | 18,9 | −2,0 | −9,5 % |
| Remboursements et dégrèvements | 145,6 | 144,5 | −1,1 | −0,8 % |
| Agriculture et alimentation | 4,1 | 3,6 | −0,5 | −13,1 % |
| Aide publique au développement | 3,6 | 3,2 | −0,4 | −11,2 % |
| Investir pour la France de 2030 | 4,4 | 4,0 | −0,4 | −9,0 % |
| Crédits non répartis | 0,5 | 0,2 | −0,3 | −61,1 % |
Travail et emploi (−2,0 milliards). Presque toute la baisse vient du programme « Accompagnement des mutations économiques et développement de l'emploi » (−1,6 milliard) et, dans une moindre mesure, de « Accès et retour à l'emploi » (−0,4). L'exposé des motifs cite parmi les économies France compétences et France Travail ; le rattachement mesure par mesure se lit dans les projets annuels de performances, non dans l'état B.
Remboursements et dégrèvements (−1,1 milliard). Ces crédits sont, eux aussi, évaluatifs : ils suivent le montant des remboursements d'impôts attendus, et non un choix de dépense. Ils pèsent 144,5 milliards, soit près d'un quart du total, ce qui rend l'ensemble des comparaisons sensible à cette seule ligne.
Agriculture (−0,5 milliard). La comparaison est trompeuse. La mission a changé de nom (« Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales » est devenue « Agriculture et alimentation »), elle ne compte plus le programme d'allègements du coût du travail en agriculture (0,45 milliard dans la loi de finances 2026), et la forêt, qui figurait dans l'intitulé d'un de ses programmes, est devenue un programme à part (« Forêt », 0,41 milliard) rattaché à la mission Écologie. Une partie de la baisse est donc un déplacement.
Ce que ce tableau ne dit pas
Il ne couvre que le budget général de l'État. Les prélèvements sur recettes au profit des collectivités et de l'Union européenne, les budgets annexes et les comptes spéciaux sont hors de l'état B, de même que la sécurité sociale. Pour l'ensemble des administrations publiques, la dépense est suivie dans le tableau de l'article liminaire, présenté dans l'article sur les prévisions.
Il compare des crédits ouverts à des crédits demandés. Les montants de 2026 sont ceux de la loi votée, avant les mises en réserve, annulations et décrets de l'année. Ceux de 2027 sont ceux du texte déposé le 1er octobre 2026, que le Parlement va amender.
Les noms et les périmètres bougent. Deux missions ont changé d'intitulé entre les deux textes, et plusieurs programmes ont été renommés ou redécoupés. Les écarts par mission sont fiables pour les grandes masses ; pour un programme précis, il faut vérifier qu'il a le même contenu des deux côtés.
Le détail par programme est téléchargeable : loi de finances 2026, projet de loi de finances 2027.