La recherche et l'innovation reviennent dans chaque programme présidentiel, souvent avec un objectif de part du PIB. La question de ce repère : comment l'État finance-t-il la recherche, et combien ? Il le fait par deux voies très différentes : des crédits budgétaires aux universités et aux organismes publics, et un avantage fiscal aux entreprises qui font de la recherche.
Les crédits : 32,1 milliards d'euros
La mission « Recherche et enseignement supérieur » regroupe la quasi-totalité des dépenses de recherche civile de l'État et l'essentiel de l'enseignement supérieur. Le projet de loi de finances pour 2027 lui attribue 32,1 milliards d'euros de crédits de paiement (31,6 en 2026).
Selon le projet annuel de performances, les crédits du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace augmenteraient de 506 millions d'euros, avec notamment une remise à niveau de 110 millions d'euros de la subvention du CNRS, des crédits supplémentaires pour les grands équipements de recherche et la recherche spatiale. Le document présente le budget comme « confortant » la loi de programmation de la recherche de décembre 2020.
L'essentiel passe par des opérateurs : les universités (12,89 milliards d'euros de subvention pour charges de service public en 2027), le CNRS (3,13 milliards), le CEA (1,96 milliard), les écoles d'ingénieurs (0,96 milliard), selon l'annexe sur les opérateurs de l'État (voir notre article).
Le crédit d'impôt recherche : 8 milliards d'euros
Le crédit d'impôt recherche (CIR) réduit l'impôt des entreprises en proportion de leurs dépenses de recherche. C'est la première dépense fiscale de l'État :
| Crédit d'impôt recherche | |
|---|---|
| Coût 2025 (estimation révisée) | 8,07 Md€ |
| Coût 2024 | 7,80 Md€ |
| Nombre d'entreprises bénéficiaires | 17 593 |
| Avantage moyen par entreprise | 459 000 € |
Sources : Cour des comptes, analyse de l'exécution 2025 des dépenses fiscales (d'après le projet de loi de finances pour 2026).
Le CIR fait 60 % des aides publiques aux entreprises dont l'objectif principal est la recherche, selon l'annexe sur les aides publiques aux entreprises (voir notre article). Il coûte plus de deux fois la subvention annuelle du CNRS. Le projet de loi de finances pour 2027 reconduit ses modalités « afin de favoriser la stabilité fiscale ».
Deux leviers à ne pas additionner trop vite
- Crédits et crédit d'impôt ne financent pas la même recherche. Les crédits financent la recherche publique (laboratoires, universités, organismes) ; le CIR finance une partie de la recherche menée par les entreprises.
- Les crédits de la mission ne sont pas que de la recherche. Ils comprennent l'enseignement supérieur, la vie étudiante (bourses, logement) et une partie de la masse salariale des universités.
- Le coût du CIR n'est pas son effet. La Cour des comptes relève que peu de dépenses fiscales sont évaluées ; mesurer combien de recherche supplémentaire le CIR suscite demande des évaluations spécifiques, que ce repère ne tranche pas (voir les niches fiscales).
- Ce sont des montants demandés et des estimations. Les crédits de 2027 seront votés ; le coût du CIR est révisé deux ans après.