Budget de l'État · Budget
Contribution de la France au budget européen
Ce que la France verse chaque année à l'Union européenne, de quoi c'est fait, et pourquoi on ne le retrouve pas dans le taux de prélèvements obligatoires.
L'Union européenne a son propre budget, voté chaque année dans le cadre d'un plan pluriannuel (2021-2027 aujourd'hui). Elle ne lève pas d'impôt sur les citoyens : ses recettes, appelées « ressources propres », sont versées par les États membres. La France en est l'un des principaux contributeurs.
Combien
Sources : projet de loi relatif aux résultats de la gestion 2025 ; loi de finances pour 2026, article 143 ; Insee (droits de douane : part des prélèvements obligatoires « au profit de l'UE » multipliée par le PIB, calcul Comptes Publics).
En 2025, la contribution de la France, hors droits de douane, s'est élevée à 23,0 milliards d'euros, pour 23,1 milliards prévus par la loi de finances. Pour 2026, la loi de finances l'évalue à 28,4 milliards d'euros (article 143).
La hausse attendue en 2026 ne vient pas d'une décision française. Le montant dépend du budget que l'Union adopte et de ce qu'elle appelle réellement dans l'année ; selon le Gouvernement, elle prévoit d'appeler davantage en 2026, conformément au budget adopté pour cet exercice. Le chiffre peut encore bouger en cours d'année, selon l'exécution réelle des dépenses européennes et l'évolution des autres recettes de l'Union. En 2025, l'écart entre la prévision et l'exécution est resté faible.
Depuis 2000
Contribution nationaleDroits de douane netsHachuré : 2025 exécuté et 2026 prévu, hors droits de douane (sources françaises)Milliards d'euros courants. Source : Commission européenne, données par État membre, édition du 23 septembre 2025 ; Projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année 2025 ; loi de finances pour 2026, article 143. Toutes les données.
En euros courants, la contribution a augmenté des deux tiers en vingt-cinq ans : 14,5 milliards d'euros en 2000, 24,2 milliards en 2024, droits de douane compris. Les droits de douane en représentent une petite part, à peu près stable ; la hausse vient de la contribution nationale, dont la ressource fondée sur le revenu national est devenue l'essentiel. Le pic de 2021 coïncide avec la première année du cadre financier 2021-2027 ; selon l'annexe budgétaire française, le départ du Royaume-Uni, dont la contribution a dû être compensée par les autres États, a pesé sur la contribution française entre 2020 et 2022.
Dans le budget de l'État
Dans le budget de l'État, cette contribution n'est pas une dépense de mission. Elle prend la forme d'un prélèvement sur recettes : une part des recettes de l'État, retirée dès l'encaissement et reversée à l'Union (voir prélèvements sur recettes).
De quoi elle est faite
Les ressources propres de l'Union sont définies par une décision du Conseil de 2020, adoptée à l'unanimité et ratifiée par chaque État. Il en existe quatre :
- Les droits de douane, perçus aux frontières extérieures de l'Union. Ils appartiennent à l'Union dès l'origine ; les États qui les collectent en conservent 25 % au titre des frais de perception.
- La ressource TVA : un taux uniforme appliqué à une assiette de TVA harmonisée, plafonnée par rapport au revenu national.
- La ressource « plastique » : un montant par kilo de déchets d'emballages plastiques non recyclés.
- La ressource fondée sur le revenu national brut, qui équilibre le budget : chaque État verse un même pourcentage de son revenu national, calculé pour couvrir ce que les autres ressources ne financent pas. C'est de loin la plus importante.
Le prélèvement sur recettes finance les trois dernières. Les droits de douane, eux, sont versés directement à l'Union et ne passent pas par ce prélèvement.
Pourquoi on ne la retrouve pas dans les prélèvements obligatoires
La série des prélèvements obligatoires mesure les impôts et cotisations payés par les ménages et les entreprises. La contribution à l'Union n'y figure pas comme un prélèvement à part, et c'est voulu.
L'État finance sa contribution avec des impôts qu'il a déjà perçus : TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés. Ces impôts sont comptés une fois, comme recettes des administrations françaises. Le versement à Bruxelles est ensuite un transfert d'un budget public à un autre, pas un nouveau prélèvement sur les contribuables. Le compter à nouveau reviendrait à compter deux fois le même euro.
Seuls les droits de douane, qui appartiennent à l'Union dès le départ, sont enregistrés comme des impôts perçus directement par elle. Ils représentent environ 0,1 % du PIB en 2025, soit de l'ordre de 3 milliards d'euros. (Calcul de Comptes Publics : part publiée par l'Insee multipliée par le PIB de l'année.) C'est pourquoi l'Insee affiche un chiffre si faible « au profit de l'Union européenne » : il ne s'agit pas de la contribution de la France.
Ce que cette page ne dit pas encore
Verser n'est pas perdre. Une partie de l'argent revient en France : aides agricoles, fonds de cohésion, programmes de recherche, plan de relance européen. La différence entre ce que la France verse et ce qu'elle reçoit, son « solde net », est le chiffre qui répond à la question « combien l'Europe coûte-t-elle ? ». Elle se calcule à partir des comptes de la Commission européenne, qui ne sont pas encore repris ici. Ce chiffre sera ajouté quand il pourra l'être avec sa source et sa méthode, parce qu'il existe plusieurs façons de le calculer et qu'elles ne donnent pas le même résultat.
Sources
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 143
- Projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l'année 2025, n° 2694, exposé général des motifs
- Commission européenne — EU spending and revenue, données par État membre (2000-2024)
- Annexe au projet de loi de finances pour 2026 — Relations financières avec l'Union européenne
- Décision (UE, Euratom) 2020/2053 du Conseil relative au système des ressources propres de l'Union européenne
- Insee, taux de prélèvements obligatoires, séries longues