« Chaque Français doit 50 000 euros » : le chiffre circulera pendant la campagne. Il est arithmétiquement juste, mais il ne dit pas ce que beaucoup croient. La question de ce repère : à combien s'élève la dette publique, et comment lire les différentes façons de la présenter ? Pour la définition et la gestion de la dette, voir le dossier la dette publique.
Le niveau : 119,0 % du PIB fin juin 2026
| Dette au sens de Maastricht | Md€ | % du PIB |
|---|---|---|
| Fin 2007 | 1 268,9 | 65,5 |
| Fin 2019 | 2 387,4 | 98,2 |
| Fin 2020 | 2 663,9 | 114,9 |
| Fin 2024 | 3 306,1 | 112,6 |
| Fin 2025 | 3 460,1 | 115,7 |
| Fin juin 2026 | 3 595,5 | 119,0 |
Sources : Insee, comptes annuels (28 août 2026) et dette trimestrielle (29 septembre 2026) (séries).
La dette a presque triplé en euros depuis 2007, et elle est passée de deux tiers à plus de 115 % du PIB. Elle a augmenté de 135 milliards d'euros au premier semestre 2026 (calcul Comptes Publics, entre fin 2025 et fin juin 2026). Le compteur affiché en haut de ce site extrapole ce rythme ; c'est une estimation, pas un chiffre officiel.
Par habitant : environ 52 000 euros
Rapportée à la population, la dette de fin juin 2026 représente environ 52 000 euros par habitant (calcul Comptes Publics : 3 595,5 milliards d'euros pour 69,08 millions d'habitants au 1er janvier 2026).
Ce chiffre est exact, mais il se lit avec trois réserves :
- La dette n'est pas exigible d'un coup. Elle est remboursée au fil des échéances (en moyenne, la dette négociable de l'État a une durée de vie d'environ huit ans et demi) et refinancée par de nouveaux emprunts. Personne ne « doit » 52 000 euros à une date donnée.
- Une partie est détenue par des résidents. Les non-résidents détenaient 59,7 % des titres de dette négociable de l'État à la mi-2026, en valeur de marché ; le reste est détenu par des banques, assureurs et fonds français et par la Banque de France (voir qui détient la dette de l'État). Une partie de la dette publique est l'épargne de résidents.
- Les administrations possèdent aussi des actifs. C'est l'objet de la dette nette.
La dette nette : 108,4 % du PIB fin 2025
La dette nette retire de la dette brute les dépôts, crédits et titres que les administrations détiennent. Elle est plus basse :
Source : Insee, 28 août 2026 (série). Chiffres 2025 provisoires.
L'écart est d'environ 7 points de PIB en 2025. La dette nette ne retire pas les actifs non financiers (bâtiments, routes, réseaux) ni les participations dans les entreprises : ce n'est pas un « patrimoine net ».
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Ce n'est pas la dette de l'État seul. La dette de Maastricht est celle de toutes les administrations : État, collectivités, Sécurité sociale, organismes divers. L'État en porte l'essentiel, mais pas la totalité.
- Le ratio dépend du PIB. En 2020, la chute du PIB a fait bondir le ratio même à dette égale ; une croissance plus forte le fait baisser sans remboursement.
- Le chiffre n'indique pas un seuil de danger. Aucun niveau de dette ne déclenche à lui seul une crise ; c'est la charge d'intérêts et la confiance des prêteurs qui comptent (voir la charge de la dette).